Réponse au courrier du Parti Communiste d’Aubervilliers

Monsieur Pascal Beaudet, président du groupe communiste et citoyen

Madame Laurence Grare, secrétaire de la section du PCF d’Aubervilliers

Aubervilliers, le 13 juin 2012

Monsieur le président, Madame la secrétaire,

 

Dans un courrier du 30 avril que vous nous avez adressé avant de le rendre public, vous présentez les raisons pour lesquelles les élu(e)s de votre groupe et les militant(e)s de votre parti n’ont pas souhaité participer au rassemblement du 4 mai que le Parti socialiste, le Parti radical de gauche, le Mouvement républicain et citoyen et Europe écologie-Les Verts ont organisé conjointement à Aubervilliers pour soutenir la candidature de François Hollande au second tour de l’élection présidentielle.

Nous avons regretté votre absence.

L’importance de cette élection justifiait, selon nous, de rassembler toutes les forces de gauche à Aubervilliers. Certaines personnalités issues de vos rangs ont d’ailleurs compris cet enjeu et Jean-Jacques Karman a eu l’occasion de le dire à la tribune.

Le Front de gauche et son candidat, Jean-Luc Mélenchon, ont librement choisi de ne pas participer à des rassemblements communs avec le Parti socialiste dans l’entre deux tours. Nous ne contestons pas cette consigne, que vous avez appliquée. En revanche, nous entendons répondre point par point à ceux de vos arguments qui ont spécifiquement trait à un contexte politique local que vous n’avez de cesse de déformer.

 

En premier lieu, vous nous accusez d’avoir « bafoué », lors de l’élection municipale de mars 2008, le principe de désistement en faveur du candidat de la gauche le mieux placé au second tour. Nous n’avons pas conservé le même souvenir des négociations que nos deux formations politiques avaient engagées avant l’élection et après le premier tour. Replaçons-nous dans le contexte de l’époque : vous étiez, Monsieur Beaudet, Maire sortant et candidat à votre réélection. Nous avions accepté le principe d’une liste commune – que vous auriez menée – à condition qu’elle représentât équitablement nos forces respectives.

Votre proposition de réserver un tiers de la liste à vos soutiens, un tiers à ceux de Monsieur Jean-Jacques Karman et un dernier tiers au Parti socialiste n’était, à ce titre, pas acceptable pour nous. Nous avions donc choisi, devant votre refus d’envisager un autre accord, de présenter notre propre liste, avec Jacques Salvator à sa tête.

Au premier tour, notre liste a obtenu la seconde place (31.95%), accusant un retard de 348 voix seulement sur votre liste (34.94%). Les listes UMP et Modem ont pu se maintenir au second tour, mais ne risquaient pas de l’emporter. Nous nous sommes retrouvés pour étudier la fusion de nos deux listes, en vous accordant une nouvelle fois la tête de liste. Vous avez refusé d’envisager une répartition plus cohérente malgré les résultats du premier tour. Dans ces conditions, nous ne pouvions que nous maintenir au second tour.

Les électeurs ont tranché démocratiquement et nous ont apporté leur confiance à 41.48% contre 38.53% pour votre liste. Avec 372 voix d’avance (5226 voix contre 4854), le verdict des urnes était incontestable. Vous l’avez néanmoins contesté à deux reprises devant la justice et vous avez perdu les deux procès.

 

Ensuite, au sujet de l’élection cantonale de mars 2011, vous faites référence à l’accord national de désistement qui avait été signé par nos partis respectifs. Là encore, votre présentation des événements est partielle et partiale. D’une part, la configuration de la cantonale était différente : aucun candidat de droite n’a pu se maintenir et ne restaient en lice que Mme Yonnet et vous-même. D’autre part, l’accord national prévoyait une réciprocité. Or le PCF venait de rompre l’accord dans deux cantons de Seine-Saint-Denis (Romainville et Montreuil) lorsque la Fédération socialiste du93 aautorisé Mme Yonnet à se maintenir.

Elle s’est inclinée de 69 voix seulement (50.78% contre 49.22%), dans des circonstances qui ont justifié nos recours.

La première procédure engagée était un recours en annulation devant le Tribunal administratif de Montreuil, suivi d’un appel devant le Conseil d’Etat, et portait sur trois motifs. 

Tout d’abord, nous considérions que l’utilisation pour votre campagne des journaux de Jean-Jacques Karman, membre du PCF et conseiller général de l’autre canton d’Aubervilliers, constituait un dépassement du plafond des dépenses, financé qui plus est par les entreprises privées qui achètent des espaces publicitaires dans la publication de M. Karman.

Ensuite, nous mettions en cause la circulation sur l’ensemble du canton d’une camionnette sonorisée diffusant de nouveaux éléments de propagande à la veille du scrutin, ce qui est également interdit par le code électoral.

Enfin, nous contestions l’apposition des sigles du Parti Socialiste et du Parti radical de gauche sur votre profession de foi malgré la rupture de l’accord départemental de désistement explicitée ci-dessus.

Nous avons pris acte de la décision finale du Conseil d’Etat de ne pas invalider l’élection de l’an dernier, en notant toutefois que vos conclusions ont également été rejetées.

La seconde procédure, toujours en cours devant le juge pénal, porte sur les injures publiques véhiculées par votre camionnette sonorisée à l’encontre de la candidate, que vous aviez traitée de « menteuse », mais aussi du Maire, Jacques Salvator, accusé d’être un « voleur ». Dans une ville qui connaît des records d’abstention (73% lors de cette élection cantonale), quel exemple de respect des institutions et de responsabilité de la gauche vos attaques ont-elle donné à nos citoyens ?

 

Nous avons fait le choix de laisser passer l’élection présidentielle avant de vous répondre, afin de ne pas contribuer par des polémiques inutiles à affaiblir notre candidat. Près de 73% des électeurs de notre ville ont voté en faveur de François Hollande, faisant d’Aubervilliers la ville métropolitaine de plus de 50 000 habitants dirigée par un maire socialiste qui a le mieux élu le nouveau président de la République.

Cette large victoire marque la confiance des Albertivillarien(ne)s dans le changement incarné par le retour de la gauche au gouvernement. Les enjeux nationaux et locaux ne manquent pas, et vous conviendrez que nous devons leur consacrer toute notre énergie, ensemble, à gauche, plutôt que de se perdre dans des querelles politiciennes bien éloignées des attentes de nos concitoyens.

 

En espérant pouvoir compter sur une attitude plus constructive de votre part dans les prochains mois, nous vous prions de croire en l’expression de nos cordiales salutations.

 

Jean-Yves Vannier, secrétaire de section du PS Aubervilliers

Benoît Logre, président du groupe des élus socialistes

 

NB : Puisqu’ils étaient destinataires de votre courrier, nous avons envoyé une copie de notre réponse à Martine Aubry, Claude Bartolone, Elisabeth Guigou, Jacques Salvator et Evelyne Yonnet.

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